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jeudi 2 mars 2023

Le terreau . . . c'est fini !

Après 3 années à tenter l'aventure, je peux vous certifier que le terreau est loin d'être nécessaire pour vos semis, boutures et potées. Au contraire, certains terreaux vendus dans le commerce peuvent détruire vos tentatives de semis (j'en ai fait la triste expérience). Dorénavant, je ne sème que dans la terre de mon jardin.

Alertée par Sylvie Fontaine sur le sujet en 2019-2020, je me suis mise à expérimenter les semis dans ma terre de jardin et bien . . . c'est un vrai plaisir et un gain tant pour la planète que pour notre portefeuille.

Je procède souvent à la fin de l'automne ou au début du printemps. Quand mon potager commence à se vider en fait. C'est là que je puise quelques seaux de bonne terre juste avant que je remette de la matière organique pour amender mon sol. Et je tiens à remercier mes machines à crottins qui me fournissent chaque automne une quantité de bon fumier pour enrichir mes plates bandes et mon coin potager. 

Petite parenthèse . . . si un cheval passe devant chez vous et "se soulage", surtout soyez content, ne râlez pas, car c'est un cadeau énorme pour votre jardin. Jadis on se battait pour ramasser les déjections des charretiers. Ajoutez ce crottin à votre bac à compost et l'année suivante il fera des merveilles au pied de vos rosiers.

Bon revenons vers le sujet principal de cet article : de la terre pour mes semis et boutures

 
Je la tamise une première fois pour enlever les petites pierres et autres déchets végétaux.
Mon sous-sol étant rocheux, je suis obligée de tamiser pour éliminer les cailloux mais ça va très vite.
Chez vous si vous avez une bonne terre,ce tamisage ne sera peut-être pas nécessaire.
 

 
Alors là, je fais une modification de cet article en me rendant compte que je n'ai pas été assez précise au sujet des mélanges. Merci à Béné et Patrice pour avoir mis le doigt sur une lacune. 

Un terreau de semis ne doit pas être trop riche : 
Terre de jardin avec un peu de sable de rivière suffit dans la plupart des cas.
 
Chez moi, ce fut plus compliqué. Ma terre étant très pauvre au début, j'ai ajouté à ma terre, sable et terreau de feuille qui n'est pas riche mais qui améliore la structure de la terre. Maintenant depuis que j'utilise la terre du potager qui a été régulièrement amendée, je n'ajoute qu'un peu ou beaucoup de sable suivant la graine que je compte semer. Plus la plante aime les sols drainés, plus j'ajoute du sable.

Par contre, le mélange dans lequel vous repiquerez vos plantules, lui peut être plus riche et vous pouvez y ajouter du bon compost.

 
 
Quand je lis des commentaires intéressants, je les ajoute à l'article car c'est en partageant les astuces que l'on devient plus fort. Et les commentaires ne sont pas toujours visibles par tous.
 
Sylvie : "Je prends la terre de la grande basse-cour ou du jardin, du sable et du grit (= gravier pour oiseaux) en surface. Et pratiquement pas d'adventices"
 
Patrice : " Pour les adventices, préparez vos terrines à l'avance et faites un faux semis. (Laisser les bacs au chaud et enlever tout ce qui pousse avant de semer les bonnes graines - Corrigez moi Patrice si je me trompe). 2e conseil : Le terreau de semis ne doit pas être trop riche; les graines ont en elles tout ce qu'il faut pour germer ; un peu de charbon de bois en poudre évitera la fonte des semis. Une autre astuce : j'utilise le terreau des anciens pot, je le mélange à de l'herbe tondue en tas ; ça chauffe et ça élimine une bonne partie des graines adventices."
 
François : "Récupérer la terre des taupinières est idéale aussi bien pour les semis que pour les plantes en pot en y ajoutant du compost." 
 
QUE DE BONNES IDEES à PARTAGER !


 
 Voilà 2h de travail, pas plus, je n'ai pas besoin de tonnes de mélange non plus !
Je conserve ce mélange dans une vieille poubelle de récupération avec un couvercle
Elle passera tout l'hiver dehors sous un toit et j'y puiserai ce qu'il me faut au fur et à mesure de mes besoins.
 
 
 Il n'existe qu'un inconvénient à semer dans sa terre de jardin . . .  "les adventices" !
Ci-dessous à gauche, mon pot de semis est plein de "mauvaises herbes" qui se mélangent avec mes précieux semis. A droite, j'ai "épilé" le godet : il ne reste plus que les bonnes plantes.
En suivant les conseils des amis plus haut, vous aurez très peu d'adventices.


 

Mais si ça arrive, ce n'est pas très compliqué de discerner les bonnes pousses des mauvaises et c'est vite fait. Et si vous débutez et que vous n'êtes pas sûr de vous, je vous donne le conseil d'un autre ami : Remplissez votre pot de semis au 3/4 de terre de jardin améliorée et ne mettez le terreau que sur les 2-3 derniers centimètres. Vous ferez là un fameux geste pour la planète tout en économisant sur votre achat de terreau.

Perso, il m'arrive de traiter une partie de mon "mélange terre jardin" afin d' éviter les adventices : soit en plaçant la terre dans le four de cuisine à 80-100° pendant 1h ; soit en passant le chalumeau (Brûleur) en surface dans une bassine en métal bien évidemment. Ce mélange stérilisé sera conditionné séparément et viendra juste en surface sur les deux derniers centimètres en lieu et place du terreau. Je réserve ce travail uniquement (et très rarement) pour les nouvelles plantes précieuses dont j'ignore à quoi ressembleront les premières petites pousses. Il serait dommage de confondre mauvaises herbes et futures plantes.

Non mais vraiment ! Le terreau ce n'est pas nécessaire !

Même mes pots sur la terrasse ne sont pas remplis avec du terreau. Fumier + Compost + Terre de jardin et le tour est joué ! Un peu de sable est ajouté dans les bacs contenant les Sauges ou des condimentaires aimant la terre très drainée.


 

Bien sûr, je n'oblige personne à suivre cette méthode, chacun fait comme il veut . . . j'imagine bien que si on vit en ville avec un petit balcon, il est bien difficile de trouver de la terre de jardin !

Mais sachez juste que la surexploitation des tourbières au profit l'industrie horticole est un véritable carnage pour notre planète et qui laisse des kilomètres de déserts inertes quand les gisements sont épuisés. C'est une matière naturelle qui a mis des milliers d'années à se créer. Une tourbière naturelle est une réserve d'eau pour l'avenir, un capteur de carbone et un biotope riche à conserver.

Il est vrai qu'à présent certains terreaux sont faits sans tourbe. Si vous n'avez pas le choix, regardez bien vos sacs de terreau et choisissez ceux qui ne contiennent pas de tourbe. Ce sera déjà une première étape ! Si chacun fait sa "part du colibri" les mentalités peuvent changer. Je l'espère de tout cœur en tout cas.


"Quand on pense qu'il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça ne se vende plus" 

Coluche

 

Un exemple à suivre : Certaines pépinières fabriquent leur propre terreau de feuille. Je pense à De Hessenhof une pépinière Bio en Hollande qui plante et sème dans un terreau maison fait à base de compost de feuilles mortes ramassées par la ville toute proche. Un bel exemple de collaboration.

Depuis, je tente, moi aussi, de faire mon propre compost composé uniquement de feuilles mortes. Les premiers tests sont encourageants !

Et puis pensez à ceci : Si votre graine germe déjà dans un mélange qui est en partie constitué de votre terre de jardin,  quand la plante sera plus grande, elle sera déjà parfaitement adaptée à votre sol. Vous aurez une plante plus forte, qui pousse peutêtre plus lentement (car pas d'engrais chimique) mais qui sera bien plus résistante à longue échéance et qui ne subira aucun stress lors de sa transplantation vu que c'est la même terre depuis le début.

CQFD !

Merci à Sylvie Fontaine, inspiratrice de cette plaidoirie pour les semis dans la terre de jardin et qui m'a donné et continue à donner à tous, ces conseils que je viens de vous transmettre avec mes mots !

Bon semis à tous ! 

 





dimanche 8 janvier 2023

Trier, ranger et organiser ses graines

Dernièrement une lectrice me posait une question intéressante : As-tu des conseils pour le rangement des semences ? En fait, chère Pastelle, la réponse est dans la question : Rangement = Organisation.

 

Il faut parfois du temps pour mettre en place une organisation, mais une fois installée on gagne du temps. Bien évidemment, on fait tous comme on peut avec le temps qu'on a.

Je ne prétends pas détenir "LA vérité" à suivre mais voici pour ceux et celles que ça intéresse comment je m'organise pour la gestion des semences.

 

LA RECOLTE : 

La récolte a lieu toute l'année. Dès le printemps, les premières graines des floraisons hivernales apparaissent. Je pense par exemple aux hellébores ou aux cyclamens. 

Chaque récolte doit être faite au bon moment de maturité des graines et bien évidemment cela varie énormément d'une plante à l'autre voir même d'un lieu à l'autre du jardin. En passant régulièrement dans mon jardin, j'en profite de voir où en est la maturation de la plante que je souhaite reproduire par semis. Ou alors j'applique la technique du sac en tulle que j'avais expliquée dans un ancien article Récolter ses graines. Vous pouvez le relire en cliquant sur le lien.


LE SECHAGE :

J'ai peu de place pour étaler tous mes lots de graines à sécher alors j'ai un petit truc à vous partager. Au fil du temps, j'ai gardé deux types de boites : Les boites de glaces (oui je suis gourmande et fan de ces délices glacés) et les bacs de carottes. Ce qui m'intéresse c'est qu'elles aient toutes le même format. 

 

Ainsi elles s'emboitent aisément et prennent peu de place finalement. Prenez ce que vous voulez mais essayez toujours de conserver le même format de boite afin d'optimiser le rangement.

Et lorsque ces boites de même format sont remplies de graines à sécher, je place à l'intérieur quelques tronçons de rouleau de papier WC. 

 

Cela crée une ventilation lorsque j'empile mes bacs de graines à sécher les uns sur les autres, toujours dans le but de gagner de la place sur mon étagère. Parfois j'ajoute aussi quelques petits sacs de sel de Silicate que l'on trouve dans les boites à chaussures afin d'assurer une parfaite absorption de l'humidité éventuelle. 


Et surtout je note le nom, même en vitesse sur un bout de papier déchiré, même mal écrit !


LE TRI :

Quand j'estime que les graines sont bien sèches, je prépare le triage. Je le fais régulièrement pour ne pas avoir tout à faire en fin de saison. De toute façon parfois le semis de graines fraiches est bien plus efficace que celui de graines séchées depuis plusieurs mois.

Je me suis fabriquée des tamis à partir de grillage à oiseaux, d'un vieux jouet de bac à sable pour enfant et d'un pot métallique range-crayons qui était abimé mais dont le format de maillage était pile ce qu'il me fallait.

J'écrase à la main toutes les semences dans un grand plat, puis je les passe au tamis. L'objectif est d'éliminer le plus gros des déchets. Mais ne vous compliquez pas trop la vie non plus. Il m'arrive pour certaines plantes de ne pas tamiser du tout tant les graines sont difficilement dissociables des déchets végétaux : je pense à la Verbena par exemple ou encore la Veronica. 

Un petit conseil : En cas d'hésitation, laissez tout ! Mère nature ne trie pas ses graines ; tout tombe au sol et ça fonctionne très bien. Les professionnels eux sont obligés de le faire vu qu'ils vous vendent les graines au poids et bien évidemment vous ne seriez pas content de payer pour des déchets végétaux.


LA BOITE A GRAINE :

La taille de votre boite à graine va varier en fonction du nombre de graines que vous voulez conserver.

J'ai d'abord utilisé des boites à chaussures puis je suis passée à une boite à thé (un beau cadeau qui me sert très bien vu que je ne bois pas de thé). Ce qui m'intéresse, c'est l'optimisation de l'espace. La largeur des cases est pile la taille de mes sachets plastiques ou papiers. L'ennui c'est qu'elle devient trop petite. J'envisage de m'en fabriquer une nouvelle aux mêmes mesures au niveau de la largeur avec des morceaux de cartons. J'aime avoir toutes mes gaines dans une seule boite et les ranger par ordre alphabétique.

J'ai acheté à l'époque une centaine de sachets zip en plastique (oui bon pas très écolo mais diablement pratique) mais ils s'usent et je prépare des sachets de récup en papier pour les remplacer progressivement. Mais ils ont exactement le même format toujours dans le but de gagner de la place.

 
Sur le sachet je note les informations principales qui me serviront au semis. 
Au dessus le mois de semis et le lieu de semis : 
INT = semer à l'intérieur à 20°
EXT = Semer dehors sous toit pour protéger de la pluie
SF = Semis en serre froide
 Je note ces infos au crayon pour pouvoir effacer en cas d'erreur ou de modification de ma méthode. J'ajoute souvent l'année de récolte des graines sur le bas de l'enveloppe.

Au centre, je note le nom en LATIN 
(Seule langue internationale pour s'y retrouver dans le vaste monde des plantes)
Grâce au nom complet en latin, je trouve toutes sortes d'infos utiles sur le net pour que la réussite du semis soit au rendez-vous. J'y ajoute parfois quand c'est utile un petit sac de Sel de Silicate au cas où j'ai une hésitation sur le bon séchage des graines.
 


Le meilleur format pour moi (et surtout qui convient à ma boite à thé) c'est le quart de feuille (A6). Je plie en laissant une marge de 1 cm en bas et à gauche et je colle. Le sommet est fermé avec un trombone.

Je récupère des anciennes feuilles de cours de mes filles et je fabrique des dizaines d'enveloppes toutes du même format. C'est ça le vrai truc en fait ; garder un même format. Choisissez celui que vous voulez mais pour vous y retrouver rapidement dans votre boite à graines, si toutes les enveloppes sont de la même taille et bien classées c'est un jeu d'enfant. On peut choisir de les classer dans l'ordre alphabétique (ce que je préfère finalement) ou par période de semis.

Par contre pour les légumes dont les graines sont bien plus grosses que celles des plantes ornementales, je préfère le format demi-feuille A4. Je fais des versions imprimables pour les légumes car il y a beaucoup d'infos à connaitre et comme je ne maitrise absolument pas la culture des légumes, je note bien plus de choses sur l'enveloppe.

 

 

Mais en parallèle avec toutes ces notes écrites, je complète mon tableau de semis sur ordinateur. Ca me permet d'avoir une vue d'ensemble sur toute ma collection de semences. Je vais tenter de vous expliquer son fonctionnement. Comme c'est un tableau type "excell" je peux trier mes colonnes selon mes besoins et mes questionnements. Par exemple : Quelles sont les graines de stock à semer en mars à l'extérieur ? En un clic, j'ai la réponse. 

Oui, j'ai mis beaucoup de temps pour la finalisation de ce tableau mais maintenant quel gain de temps.

La colonne A me sert pour le blog: Photo à faire, article à publier...

Les colonnes B C : Indique l'état de mon stock. Oui oui vous avez bien lu, je congèle mes graines car elles ont, de cette manière, une bien plus grande durée germinative (j'en parle plus bas). Sachez que toutes les gaines peuvent être congelées même les plantes dites gélives car c'est la plante vivante qui est gélive mais sous forme de graine elle supporte -20° sans problème. Cependant, il existe de rares exceptions dans les plantes tropicales dont la graine ne supporte pas le gel mais j'ignore lesquelles, j'ai lu cela sur le site de la banque nationale des graines. L'important c'est d'être certain d'avoir bien ôté toute l'humidité des semences avant de les congeler ! 

Les colonnes de E à J me servent pour mes observations pour partager mes expériences sur le blog : Lieu de semis, mois du test, date de levée ...

De K à N : Ce sont des infos récurrentes que je trouve sur le net que je note quand c'est possible. Elles m'aident dans l'analyse de ma méthode de semis qui doit souvent être adaptée à mon climat belge.

De O à R : Ce sont les infos générales de la plante adulte. 

La dernière colonne : c'est la fameuse durée germinative. C'est ce qu'il y a de plus difficile à trouver. Combien de temps puis-je garder mes semences comme ça dans leur sachet de papier ? Mystère. Cela varie entre quelques semaines à plusieurs années en fonction de l'espèce. Pour les légumes, l'info est facile à trouver ; mais pour les plantes ornementales c'est mission pratiquement impossible. Même dans les catalogues de semenciers cette info n'est jamais partagée. Pourtant elle serait bien utile...


Voilà c'est tout sur le rangement de ma boite à graine. Cela se résume finalement en deux conseils : faire des enveloppes de même format et les classer selon son choix (alphabétique ou période de semis) dans une boite appropriée. 


Bon amusement avec vos prochains semis !


dimanche 24 juillet 2022

Multiplier ses plantes ! Pourquoi ? Comment ? Quand ? Dans quoi ?

Ces derniers jours, j'ai eu quelques visites d'amis au jardin qui m'ont comblée de joie. Bien que mon jardin ne soit pas encore suffisamment développé à mon goût, j'ai eu de jolis compliments. Mais ce que je retiens le plus lors de ces rencontres, c'est l'envie de partager et d'apprendre de certains. 

Je me rends compte qu'il est primordial de partager nos réussites au jardin pour qu'un maximum d'amateurs puissent à leur tour être contaminés par le virus du jardinage. Quand je parle de réussite, c'est surtout la multiplication de nos plantes que je souhaite ici mettre en avant.

Un beau jardin pour moi ce n'est pas une course à celui qui aura la plante la plus tendance, la plus originale ou la plus rare (même si la rareté attire comme un aimant les férus de jardinage). Tout un chacun peut créer un magnifique tableau chez lui et aller de découvertes en surprises s'il a accès aux bonnes informations. Tout est question d'apprentissage et d'envie d'apprendre bien évidemment.

Je suis une fervente défenseuse de mes amis pépiniéristes et là je pense aux vrais pépiniéristes ceux qui hybrident, sèment et élèvent leurs plantes chez eux et non aux gros revendeur (marchés et grandes surfaces) qui vendent parfois des plantes à "obsolescence programmée" à grands renforts de produits chimiques, ces produits qui après se retrouvent dans nos sols même si certains essaient de limiter l'usage de produits phyto-sanitaires. Pas étonnant alors que certains jardiniers en herbe se découragent et jettent l'éponge au profit d'un espace minéral et minimaliste sans vie et qui (soit dit en passant) devient une fournaise en cas de canicule.


Je ne manque jamais de nommer ou d'envoyer mes connaissances chez ces vrais producteurs de plantes qui sont de véritables personnes ressources.

MAIS ! Et je l'écris en majuscules, je pense qu'apprendre à multiplier ses propres plantes est une des choses les plus importantes pour réussir son jardin. Que ce soit pour les légumes ou les fleurs, le combat est le même. L'autonomie dans tous les sens du terme. D'ailleurs c'est un pépiniériste lui-même qui m'a refilé le virus en premier, en donnant des formations à l'époque sur la multiplication des plantes et qui m'a appris les bases pour réussir au jardin. Merci Frédéric !

 

Créer un massif de fleur coûte cher surtout si on doit tout acheter. Quand j'entends dans les émissions de jardinage, il faut planter 5 ou 7 sujets identiques pour donner un bel effet de masse . . . Ben oui, je suis d'accord sur le principe du coté esthétique mais mon budget ne le permet pas, désolée ! Je dois faire autrement et être patiente ! C'est la première vertu du jardinier, la patience !

Jamais je n'achète plusieurs fois la même plante (sauf exception) surtout si je ne suis pas certaine qu'elle va se plaire dans mon sol ni sous mon climat.

Quand je choisis une plante, que ce soit un coup de cœur ou un achat réfléchi, je la teste au jardin et je vérifie son comportement sur l'année. Si elle ne se plait pas, je la déplace ou je cherche la raison de son manque de vigueur. Internet est une mine d'information qu'il faut savoir utiliser à bon escient et c'est pourquoi noter le nom de ses plantes est très important. 

Dès que je vois que la plante se plait à un endroit, je me renseigne sur son mode de multiplication. Là encore, le Web est une source infinie d'informations en tout genre. Bouture, division ou semis, rien ne doit vous faire peur : il suffit juste d'essayer ! Si l'échec est au rendez-vous, et ça m'arrive régulièrement,  j'essaie de comprendre mon erreur et je recommence l'année suivante. 

Alors oui, il me faut parfois 4 ou 5 ans avant d'avoir le bel effet de masse souhaité et que j'aurais eu dès la première année si j'avais tout acheté en masse. Mais finalement, j'ai pris beaucoup plus de plaisir à multiplier mes plantes et à les voir grandir et se développer et on ressent un bonheur et une satisfaction personnelle indescriptible. Et je vous assure que ça fait autant de bien au moral qu'au portefeuille. 


OUI MAIS ? Comment ?

Par semis : 

1 - Récolter ses graines ! Ben oui c'est gratuit et cela vous permettra de multiplier massivement vos plantes préférées ou celles de vos amies. Attention aux jolies surprises ! Certains bébés ne ressembleront pas à leurs parents, c'est tout l'intérêt du semis en plus du volume de plantes que vous pouvez obtenir. J'en parle longuement dans cet ancien article  : Récolter ses graines

2 - Semer ! Il y a mille manières de semer, il faut juste que vous trouviez celle qui correspond à votre manière de jardiner. Le jardinier philosophe saupoudra les semences dans un coin de son jardin et laissera faire la nature, le méticuleux sèmera dans sa serre avec "maitrise et savoir" et avec l'aide de matériaux qui peuvent parfois être couteux (rien que la serre déjà est un fameux budget).  

Un coin à l'ombre et abrité de la pluie suffira

Je pense être entre les deux, un peu de maitrise avec un coté scientifico-expérimental mais en essayant de me faciliter la vie au maximum. Je note tout, je photographie pour me souvenir, je tente, je rate, je réessaie encore et encore ! Ça me prend un temps de fou pour collecter et rassembler mes expériences mais le jeu en vaut la chandelle et il est important pour moi de partager tout cela avec vous. J'en ai longuement parlé dans cet article Semer ses plantes c'est possible. Une astuce : n'hésitez pas à copier la nature, elle sait comment faire !

3 - Ça y est vous avez vos premières réussites vos petits raviers débordent de jeunes plantules et vous êtes débordés ? Pas de panique, il y a quelques trucs pour se faciliter la vie : Repiquage et si on se facilitait la vie

Conseil : Commencez par des plantes simples qui résistent à vos hivers et aux printemps frileux. Des courageuses qui aiment votre jardin et qui vous donnent tant de plaisir. Commencez par celles-là et le succès sera au rendez-vous. Saviez-vous que le phlox paniculata est hyper facile à réussir en semis ? Et en plus vous aurez des couleurs totalement inédites !  

 

Par boutures :  

Si les conseils de semis de plantes ornementales ne sont pas toujours simples à trouver sur le net (sauf pour les légumes) les techniques de multiplication par bouture sont beaucoup plus représentées sur la toile. Peut-être parce que c'est la seule manière d'être certain de conserver les caractéristiques de la plante choisie. En cherchant un peu vous trouverez de nombreuses infos sur le sujet.

 

Reproduire votre plante par bouture vous donnera moins de sujets qu'en utilisant le semis mais ils seront identiques en tous points à la plante de départ. C'est le but de l'effet de masse. 
Je me suis amusée à faire des boutures de beaucoup de choses et c'est assez simple finalement. Encore une fois, chaque plante a sa méthode de bouturage. A vous de chercher la bonne méthode en fonction de la plante à multiplier, et toujours en fonction de l'espace et du temps que vous avez à y consacrer.  
 

Par division :

La technique la plus facile mais qui demande de la patience. En effet, la division se pratique sur une plante qui a déjà plusieurs années au jardin, mais elle est la plus gratifiante puisque très rapidement vous aurez des plantes en pleine forme. Il m'est déjà arrivé d'acheter une plante dans un gros container (un peu plus chère oui) et de la diviser directement avant de la placer au jardin : au final 5 pour le prix d'une ! Ça vaut la peine non ? Et cela permet des échanges entre jardiniers car le jardin est et avant tout un lieu de partage. Attention que certaines plantes supportent mal la division, renseignez-vous bien. 


Quand ?

Ça c'est le grand dilemme. Il faut faire des choix. Perso je préfère 2h dans le jardin plutôt que regarder un mauvais film à la télé ou perdre mon temps avec un jeu stupide sur le GSM. Et ne parlons pas du bouffe-temps que sont les réseaux sociaux. Tout est une question de choix et d'opportunité. Maintenant, je serais une femme seule avec 5 enfants à charge et travaillant à temps complet . . . la donne serait bien différente et le discours aussi ! Mais je ne veux pas non plus être esclave de mon jardin, je le laisse de coté de temps en temps. 

LE SUBSTRAT !

Je termine cet article par un point qui me tient de plus en plus à cœur. On le sait tous la planète va mal et la surconsommation des ressources naturelles est une problématique qui m'inquiète. 

Alors je fais ma part du colibri. Une amie Sylvie Fontaine (véritable drapeau rouge en ce domaine) milite ardemment contre l'utilisation du terreau à tout va ! Je la rejoins à présent après quelques temps à tester l'aventure. Vous trouverez dans son blog des tas d'informations sur les semis, les boutures et l'utilisation de la terre de jardin pour multiplier ses plantes.

Ben oui, se passer de terreau est possible ! Même pour les semis, les boutures ou les divisions.

Depuis 3 ans, je me passe de terreau (sauf quelques rares exceptions)

Je récolte au jardin (souvent au potager, un peu avant d'ajouter mon compost) de la terre. Chez moi elle n'est pas hyper bonne mais ça marche quand même. Ensuite je la tamise dans un seau.

 

Je prélève aussi du compost que je tamise également. Je le mélange à ma terre tamisée afin d'enrichir un peu cette dernière. Si vous avez une bonne terre, ce n'est peut-être pas nécessaire. 

 

 

Dernière étape, j'ajoute du sable. 

Pas toujours, cela dépend de la plante que je vais semer.

Plus une plante aime les conditions drainées, plus j'ajoute du sable ou du gravier fin. Si elle aime les sols riches, je n'ajoute que du compost. A vous de faire vos expériences et d'adapter votre substrat à vos projets de plantations au jardin. Dites-vous bien que la plante aura moins de problèmes lors du repiquage si elle a déjà les pieds dans votre sol depuis le tout début de sa vie.

 

 

Je remplis alors mes raviers ou mini-mottes et je laisse faire la nature. Je surveille l'arrosage et je le fais toujours par dessous. Un peu d'eau dans le fond du bac et laisser les pots absorber. Jamais d'arrosage par le dessus. 

Les résultats sont là ! Faut juste "épiler" régulièrement les indésirables. Si vous avez du mal à reconnaitre le bon grain de l'ivraie, semez dans un pot rempli au 3/4 de terre et le dernier quart de terreau. Ainsi les jeunes semis seront plus facile à repérer mais vous ferez quand même une économie de terreau. C'est l'exception dont je parlais plus haut. Quand j'ignore à quoi doit ressembler le semis, je sème dans une fine couche de terreau mais sur un lit de terre de jardin ! (Merci Fred Stutz pour l'idée)



Avant et après épilation !


PS pour les inconditionnels du terreau : Même les dahlias je les force à l'intérieur dans la terre de jardin . . . et ça marche très bien. 

 

Pour le terreau . . . je n'oblige personne, mais je conscientise et je tente de convaincre ! 

Parfois, il n'est pas possible de s'en passer, j'en ai bien conscience mais ceux qui peuvent... Essayez, vous verrez ça fonctionne ! 

 

 

Amicalement 

 

Pascale

 
Retrouvez d'autres astuces sur le blog 

 



 

mardi 25 mai 2021

Avoir de jolies fleurs pour (presque) pas un rond !

Oui c'est possible mais cela vous demandera du temps et de la volonté !

 
Dans ce petit montage que j'ai fait il y a 4 ou 5 ans, il n'y a que des plantes "cadeaux".
Cadeau d'amies qui m'ont envoyé des graines et cadeau de la nature aussi. Et elles sont si jolies !
 
Mon jardin, je le développe lentement par division, par boutures ou par semis, ou encore via des échanges entre "potes-fleurs"et tout cela crée de la vie, des rencontres, du partage . . . du bonheur quoi !
 
Certes, il m'arrive d'acheter quelques nouvelles plantes chez les pépiniéristes spécialisés, mais je me laisse rarement emballer par la dernière nouveauté. Et j'évite comme la peste, les grands centres de "jardinage" ou les grandes surfaces où le manque d'un minimum d'éthique fait souvent défaut. Je préfère de loin aider les petits pépiniéristes locaux qui méritent toute mon admiration. 
 
J'aime mieux réfléchir à l'avance à ce qui conviendra le mieux pour mon jardin et je liste des plantes en consultant les sites de certains pépiniéristes. Et je renonce à tout ce qui ne fonctionnera jamais dans mon sol, car au fil du temps, j'ai appris à le comprendre. En effet tout n'est pas possible dans tous les jardins. Mais il existe des plantes pour chacune des situations, ça c'est une certitude.
 
Et comme tous les jardins sont différents, rien n'est mieux que la naissance d'une graine dans votre propre terre de jardin. Multipliez ce qui fonctionne bien chez vous ou recherchez des plantes qui ont des conditions de culture similaires.
 
  
(Ici une nurserie de Pulsatile) 

Je réponds aux "OUI MAIS" !


1 ) Oui mais, le terreau ça coute cher !

Le terreau coûte surtout cher à la planète, alors utilisez la terre de votre jardin ! Ça fonctionne très bien surtout pour les vivaces ou les annuelles bien rustiques. Un peu de sable pour alléger, une "louchette" de compost et voilà un substrat parfait car il vient de chez vous et si la graine s'y développe, elle sera déjà parfaitement adaptée à votre terrain. 
 
Soyons honnête, par exemple si votre terre est plutôt calcaire, ça ne sert à rien d'essayer d'installer des plantes qui aiment les lieux acides. "La bonne plante au bon endroit" nous dit cette célèbre citation, ben je complète par "Et la bonne graine aussi " !
 
Juste un bémol, mais qui n'en est pas vraiment un ! Faut un peu désherber ses semis si vous le faites dans la terre de jardin ! Mais vous apprendrez vite à différencier les choses que vous attendez et celles dont vous ne voulez pas ! 

Ici à gauche, avant "épilation" et à droite un petit pot parfait ! 

Pour les inconditionnels du terreau, un ami jardinier (Merci Fred) nous propose ce petit truc pour diminuer la consommation de terreau : Remplissez vos pots au 3/4 avec la terre de jardin et ne mettez le terreau que sur les deux derniers centimètres en surface. Comme cela, pas de problème avec les semis indésirables.

2 ) Oui mais j'ai pas de matériel, de pot, ...

Pour les pots, facile ! Récupérez les boites type Tétrabric ! Coupez en deux et voilà des godets de semis parfait après quelques trous dans le fond ! Ne jetez plus vos raviers de légumes en plastique ou les boites de raisins. Tout peut être utile pour vos semis. Evitez cependant les pots trop petits car vous serrez vite esclave des arrosages. Un vieux couvercle de récup, une soucoupe rectangulaire de vos jardinières et le tour est joué. Un petit tour dans une grainothèque ou chez une bonne copine qui aime le jardin et vous voilà les poches remplies de trésors à semer.

 
 
3 ) Oui mais j'ai pas les pouces verts
 
Bon ça, j'en ai déjà parlé longuement ici. Tout est apprentissage et c'est pour cela que je pense qu'il faut un peu de temps pour apprendre mais il faut aussi se donner du temps. Mettre les choses futiles de côté pour en faire d'autres qui nous comblent bien plus intensément. S'autoriser à mettre les mains dans la terre (non c'est pas sale) puis s'étonner d'y prendre du plaisir, voir même de devenir "Addict". Accepter les échecs, se réjouir des réussites et se remettre en question, trouver ses propres techniques.
 
Juste un exemple pour expliquer aux rétifs qu'après seulement 6 ans d'expérience en semis, cette année, j'ai produit 150 nouvelles plantes vivaces et 200 annuelles et le tout avec juste quelques sachets de graines récoltées au jardin ou provenant de semences d'ami(e)s. De quoi garnir tout une nouvelle zone du jardin qui ne m'a coûté que du temps. Et le tout en 5 jours de travail : 2 à l'automne, 1 en hiver et 2 au printemps; en y ajoutant une visite hebdomadaire (de 10 à 30 min) à la nurserie pour vérifier si des arrosages sont nécessaires.  

 
 
4 ) Oui mais j'ai pas de place 
 
Même sur un petit balcon, on peut semer des plantes. Mais si vous débutez, choisissez des résistantes au froid (annuelles ou vivaces) et commencez par celles-là car elles demandent bien moins de travail que les gélives qu'il faut semer en situation chaude à l'intérieur et en pleine lumière.
 
Le tout est de placer votre "nurserie" au bon endroit : à l'extérieur et surtout à l'abri des fortes pluies. Pas nécessairement besoin d'une serre, le coté non battu par la pluie de votre cabane de jardin suffira largement. Ou encore tout bricolage "maison" avec un toit translucide le long d'un mur ou encore plus simple : sous votre table de terrasse. (Crédit photo Chantal)
 
     
 (Sous un toit bricolé ou sous la table)
 
  
 
5 ) Oui mais j'ai pas le temps 
 
Là je ne peux rien répondre d'autre que tout est question de choix et que choisir c'est renoncer ! 

Alors à vous de choisir : un beau jardin pour pas un rond, ça vous tente ?
 
3,2,1 . . .  Partez et expérimentez ! 
 
  
 
Un avenir tout vert s'offre à vous mais il faudra donner de votre temps ! 
 
PS : Un tout dernier conseil : Commencez doucement, un pas après l'autre, limitez-vous à deux ou trois sortes différentes, une dizaine de pots au maximum au début et vous verrez, bientôt vous aurez des pots partout ! 
 
Bon amusement à tous !
 
Un petit topo sur comment il a évolué, ça vous dit ?
 
En mai ...
 
En juin ...

 
En juillet ...  


 
En août ...


Que du bonheur !